A la promenade

Le ciel si pâle et les arbres si grêles
Semblent sourire à nos costumes clairs
Qui vont flottant légers avec des airs
De nonchalance et des mouvements d'ailes.

Et le vent doux ride l'humble bassin,
Et la lueur du soleil qu'atténue
L'ombre des bas tilleuls de l'avenue
Nous parvient bleue et mourante à dessein.

Trompeurs exquis et coquettes charmantes,
Coeurs tendres mais affranchis du serment,
Nous devisons délicieusement,
Et les amants lutinent les amantes
De qui la main imperceptible sait
Parfois donner un souffle qu'on échange
Contre un baiser sur l'extrême phalange
Du petit doigt, et comme la chose est
Immensément excessive et farouche,
On est puni par un regard très sec,
Lequel contraste, au demeurant, avec
La moue assez clémente de la bouche.

Paul Verlaine

# Posté le vendredi 13 mars 2009 08:42

Ecoute la chanson bien douce

Ecoutez la chanson bien douce
Qui ne pleure que pour vous plaire,
Elle est discrète, elle est légère :
Un frisson d'eau sur de la mousse !

La voix vous fut connue (et chère ?)
Mais à présent elle est voilée
Comme une veuve désolée,
Pourtant comme elle encore fière,

Et dans les longs plis de son voile,
Qui palpite aux brises d'automne.
Cache et montre au coeur qui s'étonne
La vérité comme une étoile.

Elle dit, la voix reconnue,
Que la bonté c'est notre vie,
Que de la haine et de l'envie
Rien ne reste, la mort venue.

Elle parle aussi de la gloire
D'être simple sans plus attendre,
Et de noces d'or et du tendre
Bonheur d'une paix sans victoire.

Accueillez la voix qui persiste
Dans son naïf épithalame.
Allez, rien n'est meilleur à l'âme
Que de faire une âme moins triste !

Elle est en peine et de passage,
L'âme qui souffre sans colère,
Et comme sa morale est claire !...
Ecoutez la chanson bien sage.

Paul Verlaine
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# Posté le vendredi 13 mars 2009 08:32

Il Neige

Il Neige
C'est un après-midi du Nord.
Le ciel est blanc et morne. Il neige ;
Et l'
arbre du chemin se tord
Sous
la rafale qui l'assiège.

Dep
uis l'aurore, il neige à flots ;
Tou
t s'efface sous la tourmente.
A trav
ers ses rauques sanglots
Une
cloche au loin se lamente.

L
e glas râle dans le brouillard,
Qu'au
cune lueur n'illumine...
Voic
i venir un corbillard,
Qui so
rt de la combe voisine.

Un
groupe, vêtu de noir, suit,
Mu
et, le lourd traîneau funèbre.
D
éjà du ciel descend la nuit,
Déjà
la route s'enténèbre.

Et t
oujours du bronze éploré
Tom
be la lugubre prière;
E
t j'entends dans mon coeur navré
Tinter comme un glas funéraire.

Je me souviens... Je me revois,
Sur le blanc linceul de la terre,
Dans
la bise, en pleurs, aux abois,
Suivant le cercueil de mon père.

Je n
e puis détacher mon oeil,
Voilé d'une larme dernière,
Du sil
encieux groupe en deuil
Qui
marche vers le cimetière.

Je sens, saisi d'un vague effroi,
Qui me retient à la fenêtre,
Qu'en
la marche du noir convoi
Fu
it quelque chose de mon être.

Sou
dain dans le champ de la mort
Disp
araît le sombre cortège...
C'est un après-midi du Nord.
Le cie
l est blanc et morne. Il neige.

William Chapman

# Posté le mardi 06 janvier 2009 13:50

Un Soir De Noël

Un Soir De Noël
Mon humble cadeau de Noël pour vous ...

C'était la nuit de Noël, un peu avant minuit,
A l
'heure où tout est calme,me les souris.

On
avait pendu nos bas devant la cheminée,
Pour
que le Père Noël les trouve dès son arrivée.

Blo
ttis bien au chaud dans leurs petits lits,
Le
s enfants sages s'étaient déjà endormis.

Mam
an et moi, dans nos chemises de nuit,
Ven
ions à peine de souffler la bougie,

Quan
d au dehors, un bruit de clochettes,
M
e fit sortir díun coup de sous ma couette.

F
ilant comme une flèche vers la fenêtre,
Je scrutais tout là haut le ciel étoilé.

Au dessus de la neige, la lune étincelante,
Illuminait la nuit comme si c'était le jour.

J
e n'en crus pas mes yeux quand apparut au loin,
Un traîneau et huit rennes pas plus gros que le poing,

Di
rigés par un petit personnage enjoué :
C'
était le Père Noël je le savais.

Ses coursiers volaient comme s'ils avaient des ailes.
Et
lui chantait, afin de les encourager :
" Allez Tornade !, Allez Danseur ! Allez , Furie et Fringuant !
En
avant Comète et Cupidon ! Allez Eclair et Tonnerre !
Tout droit vers ce porche, tout droit vers ce mur !
A
u galop au galop mes amis ! au triple galop ! "

P
areils aux feuilles mortes, emportées par le vent,
Qui
montent vers le ciel pour franchir les obstacles ,
Les coursiers s'envolèrent, jusqu'au dessus de ma tête,
Avec le traîneau, les jouets et même le Père Noël.

Peu ap
rès j'entendis résonner sur le toit
Le piétinement fougueux de leurs petits sabots.

Une fois la fenêtre refermée, je me retournais,
Juste quand le Père Noël sortait de la cheminée.

Son habit de fourrure, ses bottes et son bonnet,
Etai
ent un peu salis par la cendre et la suie.

Jeté
sur son épaule, un sac plein de jouets,
Lui donnait l'air d'un bien curieux marchand.

Il avait des joues roses, des fossettes charmantes,
U
n nez comme une cerise et des yeux pétillants,

Une petite bouche qui souriait tout le temps,
Et une très grande barbe d'un blanc vraiment immaculé.

De sa pipe allumée coincée entre ses dents,
Montaient en tourbillons des volutes de fumée.

Il avait le visage épanoui, et son ventre tout rond
Sautait quand il riait, comme un petit ballon.

I
l était si dodu, si joufflu, cet espiègle lutin,
Qu
e je me mis malg moi à rire derrière ma main.

Mais d'un clin d'oeil et d'un signe de la tête,
Il me fit comprendre que je ne risquais rien.

Puis sans dire un mot, car il était pressé,
Se hâta de remplir les bas, jusqu'au dernier,
Et
me salua d'un doigt posé sur l'aile du nez,
Ava
nt de disparaître dans la cheminée.

Je l'entendis ensuite siffler son bel équipage.

Ensemble ils s'envolèrent comme une plume au vent.

A
vant de dispartre le Père Noël cria :
" Joyeux Noël à tous et à tous une bonne nuit "

# Posté le samedi 13 décembre 2008 13:29

Broken de Tift Merritt

J'ai découvert cette chanson tout récemment et je l'ai tout de suite adopter (il n'y a plus qu'à donner votre avis^^)

# Posté le jeudi 23 octobre 2008 12:22